

J'étais ce matin là, devant mon petit feu essayant de me réchauffer les mains avant de reprendre la route. Tout en reniflant, je regardais les dernières
feuilles, tristement accrochées aux arbres nus. Plus de doute possible l'hiver était là, l'eau de mes bouteilles était gelée, tout comme ma tente, ma nourriture, mes chaussures, mon sac de
couchage, mes pieds... plus de temps pour les flâneries. Je ne voulais vraiment pas vivre le plein hiver Canadien, et pour cela, il me fallait remonter le fil des saisons, vivre un second
automne, pour rejoindre des températures plus clémentes. Le sud devin mon obsession. Après 400 km de montagnes, j'arrivais enfin à la frontière américaine. D'expérience je savais que les
frontières sont toujours plus faciles à franchir en soignant son apparence . J'enfilais donc mes plus beau habits et surtout rasais ma barbe de deux mois qui me tenait si chaud. En arrivant
au poste frontière je fus très surpris de l'accueil des douaniers américains, le premier officier qui m'aperçut, brandit les deux bras en l'air en guise de bien venue. Un peu
plus, il me prenait dans ses bras! Après les questions de routine, quelques blagues, un formulaire et une prise d' empreinte digitale, j'étais enfin aux Stats dans l'état de l'Idaho. C'en
était bien fini avec le grand nord américain! Mais le froid, bien que moins intense était toujours trop présent à mon goût. J'ouvris ma carte routière, et repérais la route la plus
directe vers le sud. La hight way 95. Jour après jour, je cheminais vers le soleil de midi, chaque km était une mini victoire sur le froid. Peu à peu les arbres redevinrent feuillus.
Du rouge, les feuilles passèrent à l'orange puis au vert pâle; J'étais revenu en début d'automne! Actuellement, je suis dans la ville de Fruitland au sud de l'Idaho,
en moins de vingt jours, 1400 km ont été parcourus. Les nuits sont froides mais plus aussi glaciales. Certain jour je peux à nouveau sortir le short et le débardeur. Mais la "fuite" de
l'hiver continue, en suivant la route 95, j'arriverais bientôt dans l'état du Nevada, les déserts américains... et viva Las Vegas...

.
.
Ras le bol des sentiers battus touristiques ! En arrivant dans le secteur des champs de glace Columbia, je fus déçu par le nombre d’infrastructures touristiques et sa surpopulation, enlevant beaucoup de charme à ce magnifique endroit. Depuis la terrasse du grand centre d'information, j’embrassais de la vue trois glaciers et plusieurs sommets de plus de 3000 m. En vue d’une prochaine ascension, je traçais des itinéraires imaginaires dans les montagnes environnantes. Le glacier central (glacier Athabasca) balafré d’une route de glace parcourue par des centaines d’autocar tout terrain, n’était pas ce que je recherchais. Le superbe Mt Athabasca, se plantait sur la gauche du touriste glacier. Un glacier plus modeste (glacier little A) cheminait le long de sa face nord. Mon matériel d’alpiniste "en herbe" ne me permettait pas une telle ascension! Aussi mon regard se posa sur une plus petite montagne, sans neige, voisine du Mt Athabasca. Elle me paraissait toutefois suffisamment haute pour espérer avoir une vue imprenable sur les glaciers et toute sa région. Je l’appelais le Mt Demi-lune. Vue d’en bas ses pentes et ses quelques névés ne me paraissaient pas insurmontable. C’était décidé ! Demain, je monterai la haut.
"Depuis la terrasse du grand
centre d'information (...) je traçais des itinéraires imaginaires dans les montagnes environnantes"
.
.
.
Lever à 8h, 8h30 arrivèe au centre
d information. Apres avoir avale un litre de jus d’orange je commençais l’ascension, muni d’un sac rempli, de fringues, deux rations de riz, une bouteille d’eau.
Au bout d’une heure j’arrivais à un surplomb, m’offrant une belle vue sur le glacier little A et la vallée environnante. Le Mt demi-lune se dressait à présent juste devant mes pieds. La longue pente très inclinèe n’était qu’un champ d’éboulis de pierres tranchantes comme des rasoirs. Une sorte de sentier coupait sans complexe en ligne droite la forte pente jusqu’au sommet. Ce fut bien plus dur que je ne me l’imaginais … à chacun de mes pas, les pierres se dérobaient et la plupart du temps je devais avancer à quatre pattes, telle une chèvre des montagnes, obèse, à qui l’on aurait attaché les deux pattes de devant entre elles! Peut avant midi, j’arrivais enfin à quelques mètres du sommet. Je fus pris d’un léger vertige en découvrant le panorama de l’autre côte. La montagne s’arrêtait brusquement en falaise sous mes sabots. La vue qui s’offrait à moi dépassait largement ce dont j’imaginais la veille! Mon choix était le bon . Je dominais largement de la vue le glacier little A et un glacier caché, le glacier boundarie, grand champ de glace vierge, où miroitait le soleil. Ses eaux coulaient dans un petit lac turquoise et aussi loin que mon regard … j’suis mauvais pour les descriptions, mais les photos sont là...
Je prenais ma première portion de riz, et après une longue contemplation, je commençais la descente
vers le glacier little A. Je comptais rejoindre mon point de départ en longeant le flanc du glacier, mais rapidement je fus bloqué par un ravin de 5 m, laissant deviner une falaise.
Le raidillon qui m’avait mené jusque ici était bien trop abrupt pour pouvoir faire demi-tour. Il ne me restait plus qu’à longer le glacier mais en amont. Après deux ou trois cent mètres je
trouvais une voie facile pour rejoindre le chemin de l’allée. Peu avant la fin, les muscles fatigués l’esprit dans le demi-lune, je me retrouvais les fesses à terre avec une légère entorse
de la cheville dûe a une pierre qui venait de se décrocher. De retour au centre d’info je m’offrais une belle glace au chocolat, me reconscilliant pour un moment avec le milieu du tourisme de
masse!
" Au bout d’une heure j’arrivais à un surplomb, m’offrant une belle
vue sur le glacier little A et la vallée environnante."
.

Vue depuis le sommet, en face le Mt Athabasca. A gauche le glacier boundary, à droite le glacier little
a
.
"j’arrivais enfin à quelques mètres du sommet. Je fus pris d’un léger vertige en découvrant le panorama de l’autre côte(...)
la montagne s’arrêtait brusquement en falaise sous mes sabots"
.




Glacier Athabasca

Ce matin, la neige est là, j'ouvre ma tente et un chien me saute dessus... il recherche désespérément un peu de chaleur. Je suis un peu nerveux, la veille au soir
ce chien abandonné (la ville la plus proche est a 75km d'ici) m'avait attaqué et j'avais dû le repousser à l'aide d'un bâton. Mais sous la neige on se serre les coudes...





Après l'installation du bivouac, je pars en excursion dans la forêt entourant ma petite prairie, à la recherche de champignons comestibles. Je reviens à la nuit tombante bredouille, j'ai réussi à identifier une seule espèce (hallucinogène) mais dans le doute, je m'abstients (en pleine nature loin de toute habitation mieux vaux ne pas déconner avec ça)!!!
Risotto au coprin chevelu (pour un gros mangeur)
Bon app!!!

Où que vous soyez sur le continent nord-américain, impossible de ne pas entendre parler d'ours. Parfois aimé, souvent diabolisé, l'ours est source de nombreuses craintes plus ou moins justifiées.




J'ai rapporté ci-dessous, les conseils les plus courants à adopter face à un ours. (perso, je trouve ca plutôt comique)
Si tu rencontres un ours...
# Si l'ours est près de toi, recules lentement. Résistes à la tentation de courir.
# Gardes ton sang-froid et fais des mouvements délibérés. Tu feras ainsi savoir à l'ours que tu ne lui veux aucun mal.
# Si tu es en groupe, rassemblez-vous; sinon rejoinds d'autres personnes.
# Si tu as un vaporisateur à gaz poivré, prépares-toi à l'utiliser.
# Parles d'une voix apaisante. Les bêtes curieuses sauront ainsi que tu es un être humain.
# Quittes le secteur ou fais un détour. S'il est impossible de le faire, attends que l'ours s'en aille. Il faut toujours lui laisser une issue par laquelle il peut s'enfuir.
L' attaques (deux types d'attaque.)
1. L'ours a un comportement déffensif...
Tu surprends un ours qui se nourrit, qui protège ses petits ou qui ignorait simplement ta présence. Il te percoit comme une menace et sent le besoin de se défendre. C'est la situation la plus courante.
# C'est le bon moment pour vaporiser ton gaz poivré.
# Si l'ours te touche, fais le mort! Si tu es soumis, il ne t'attaquera probablement pas.
# Couche-toi sur le ventre, les jambes écartées. L'ours aura du mal à te retourner.
# Protège-toi la nuque et le cou avec tes mains
...
Une attaque défensive dure rarement plus de deux minutes. Si elle se poursuit, il se peut que l'ours passe à l'offensive. En pareil cas ... défend-toi!
2. L'ours a un comportement prédateur...
L'ours te traque et fonce sur toi. Il se peut également qu'il t'attaque pendant la nuit ou dans votre tente. Ce genre d'attaque est rare.
# Réfuge-toi dans un batiment ou une voiture.
# En l'absence d'un refuge, abstiens-toi de faire le mort!
# Défent-toi! Utilises du gaz poivré, des cailloux, des branches ou tout autre objet que tu trouves. Fais tout ce que tu peux pour montrer à l'ours que tu ne céderas pas.
Mais il y a quand même du bon... comme ces sources d'eau chaude, fermées pour cause... d'ours !


Il fait nuit, je suis dans la forêt. Je distingue à peine les arbres devant moi, mais j'entends des bruits au loin (très loin). Soudain, un animal se ru sur moi ... c'est un panda féroce! Sans même me demander que fait cette animal dans un endroit pareil, je dégaine ma bombe au poivre anti ours - une portée de 9 mètres et une durée approximative de 4.5 secondes, en vente dans tous les magasins fish & game pour 50$ - Je presse le déclencheur (bruit de gravier) et aussitôt le jet rouge sang atteint ma cible. Horrifié, je constate que cela n'a aucun effet sur le panda, il semble même en redemander (bruit de pas). Venu de nulle part une personne s'interpose et sans même me regarder, s'adresse au panda.










